PROGRAMMATION
Les débats
Les débats seront disponibles en live et en replay sur la chaîne Youtube @cineastesdelarp
Mercredi 5 novembre
14h - Ouverture de la 35ème édition des Rencontres, suivie du débat :
Dialogue transatlantique : quelles armes pour la culture ?
Alors que les rapports transatlantiques se durcissent, la réglementation et les politiques européenne sont devenues un terrain d’affrontement privilégié. L’administration étasunienne qui mène une guerre culturelle assumée sur son territoire contre la culture et les savoirs, mène également une offensive contre l’exception culturelle, la directive SMA et les mécanismes de financement du cinéma, appuyée par certaines plateformes numériques. Les institutions européennes, longtemps garantes de la diversité culturelle, semblent infléchir leur trajectoire : le secteur cinématographique et audiovisuel a glissé des compétences du commissaire en charge de la culture à celles de la commissaire en charge des industries technologiques, tandis que le nouveau programme AgoraEU dilue les crédits dédiés à la culture et efface toute référence à l’indépendance.
Face à ces mutations et la situation aux Etats-Unis, ne faut-il pas ré-enchanter cette notion d’exception culturelle née ici-même, lors d’un dialogue franco-américain lors des rencontres cinématographiques ? Promouvoir avec fierté et sans pudeur tout en le renforçant, un modèle qui a fait ses preuves et continue d’incarner le meilleur rempart contre l’uniformisation ? Quelles régulations, quelles alliances, quelles stratégies porter pour affirmer la souveraineté culturelle européenne et sa divrsité ? Et comment renouer un dialogue transatlantique fondé sur la reconnaissance et le respect réciproque des identités culturelles ? Ce dialogue transatlantique si fécond entre cinéastes dans leurs films doit trouver son écho constructif dans le dialogue sur les politiques culturelles au service de la diversité.
Débat introduit par une vidéo de Rachida DATI, Ministre de la Culture
Puis par Olivier HENRARD, Directeur général délégué du CNC
Animé par Marine FRANCEN, Cinéaste et membre du CA de la SRF et Frédéric SOJCHER, Cinéaste de L'ARP et Directeur du Master scénario, réalisation, production à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Avec :
- Chloé DELAPORTE - Professeure en socio-économie du cinéma à l’Université de Montpellier Paul-Valéry
- Kjersti MO - Directrice générale de l’Institut Norvégien du Film, Vice-Présidente des EFAD
- Emma RAFOWICZ - Députée européenne et Vice-Présidente de la Commission de la culture et de l’éducation
- Francesco RANIERI MARTINOTTI - Scénariste et réalisateur italien, président de L'ANAC
- Howard A. RODMAN - Scénariste, ancien Président de la Writers Guild of America West et Vice President de l’Academy for Motion Picture Arts and Sciences
Jeudi 6 novembre
9h30 - Indépendance et films du milieu : piliers incontournables de la fréquentation ?
Au moment où la concentration des sociétés de production s’accélère et où les plateformes essaient de redéfinir les règles du jeu, la question de l’indépendance et de la résilience économique des producteurs redevient centrale. Les « films du milieu », cœur battant de la création française et européenne, visant autant le succès public qu’artistique, apparaissent comme un levier essentiel d’attractivité et un pilier pour redynamiser la fréquentation. Mais ces films, présentent des particularités dans cette industrie de prototypes. Ils nécessitent un accompagnement repensé pour faire face à la polarisation des budgets. Au-delà d’un enjeu sectoriel, c’est une question démocratique plus profonde qui se pose : celle de la capacité de nos sociétés à faire vivre une pluralité de récits.
Comment garantir la vitalité des œuvres indépendantes dans un écosystème en passe d’être dominé par les logiques de groupe ? Quels leviers activer pour que les films du milieu, objets d’arts populaires, puissent continuer d’exister, d’être produits et vus ? Quel rôle les diffuseurs peuvent-ils jouer pour soutenir cette diversité éditoriale et renforcer la visibilité de ces œuvres ? Et si la reconquête du public passait également par la reconquête de la liberté de créer ? Pourquoi l’indépendance est-elle la clé de la réussite artistique et populaire ?
Débat introduit par Marc MISSONNIER, Producteur (Moana Films) et Président de l'UPC, Denis PINEAU-VALENCIENNE, Producteur (Les Films du Kiosque), Vice-Président de l'UPC et Isabelle TERREL, Directrice Générale de Natixis Coficiné (en visioconférence)
Animé par Eva HUSSON, Cinéaste de L'ARP, et Pierre JOLIVET, Cinéaste et Vice-Président de L'ARP
Avec :
- Manuel ALDUY - Directeur du Cinéma et des Fictions Internationales et Jeunes Adultes de France Télévisions
- Priscilla BERTIN - Cofondatrice et Productrice (SILEX FILMS)
- Marine FORDE - Directrice de la production cinéma (Gaumont), Membre de l'API
- Isabelle MADELAINE - Productrice (Dharamsala), Vice-Présidente déléguée de l’UPC et Présidente de la Procirep
- Marc MISSONNIER - Producteur (Moana Films) et Président de l'UPC
- Bruno NAHON - Producteur (Unité), Membre du SPI et The Creatives
14h - Intelligence artificielle : une chance pour le cinéma européen ?
Ce grand débat se déploiera en deux séquences complémentaires : la première explorera les usages créatifs et artistiques de l’IA au service du cinéma européen, la seconde s’intéressera aux cadres juridiques et économiques nécessaires pour garantir une relation équilibrée entre créateurs et fournisseurs d’IA, tout comme dans les relations inter-professionnelles.
L’intelligence artificielle s’invite désormais au cœur du geste artistique. Elle ouvre de nouveaux horizons d’invention, prolongeant la main, l’œil et la pensée du créateur. La première partie de ce débat proposera un état des lieux des expérimentations en cours. Après s’être intéressés à la génération de texte, la génération d’images, de séquences vidéo, d’effets visuels ou encore la conception et la création de décors, l’IA générative étend son utilité. Comment s’en emparer pour qu’elle accompagne et enrichisse la création ? Comment transformer cette révolution technologique en moteur d’audace et d’innovation ? L’industrie américaine, à travers d’énormes budgets, a souvent privilégié l’attractivité de la forme par rapport au fond, l’IA permettra-t-elle au cinéma d’auteur européen de devenir plus concurrentiel en devenant plus spectaculaire ? Il s’agira ici d’observer, de comprendre et d’accompagner les usages qui font de l’IA un instrument au service du cinéma et de ses artisans.
La seconde partie s’attachera à renverser le regard porté sur cette technologie. On dit souvent que l’IA pourrait faire disparaître les auteurs ; mais c’est d’eux qu’elle se nourrit. Sans leur imagination, leurs récits et leurs images, l’algorithme tourne à vide. Alors que l’Europe engage ses premières régulations, se pose désormais la question du cadre : comment reconnaître et rémunérer justement les créateurs dont les œuvres nourrissent ces outils ? Quel rôle pour les sociétés d’ayants droits dans cette nouvelle économie de la donnée ? Peut-on encore espérer une véritable transparence sur l’utilisation des œuvres, ou faut-il inventer de nouveaux modes de répartition et de contrôle ? Si la machine apprend, seule la pensée humaine invente, et c’est sans doute là que se jouera l’avenir du cinéma européen et que se trouvent de nouvelles sources de financement de la création.
Séquence 1 :
Usages créatifs
Animé par Jérôme DIAMANT-BERGER, Cinéaste de L'ARP, et Nathalie MARCHAK, Cinéaste et Vice-Présidente de L'ARP
Avec :
- Johann CHORON - Responsable Partenariats et IA générative Cinéma et Media, Google
- Hadrien GAUTROT - Co-fondateur du studio Nicéphore
- Sarah LELOUCH - Productrice et fondatrice de La DCF (La Diversité du Cinéma Français) et ClapAction
- Matthieu LORRAIN - Directeur Créatif et IA chez Google DeepMind (en visioconférence)
- Quentin H. MARTIN - Producteur Exécutif VFX et Président de la Visual Effects Society Section France
- Nicolas SAADA - Réalisateur, Scénariste et Producteur
- Anne SEIBEL - Production designer et Cheffe décoratrice de cinéma (ADC, PDC), Co-Directrice du département décor de La Fémis
Séquence 2 :
Régulations et droits d'auteur
Débat introduit par une courte vidéo d'Axel VOSS, Membre du Parlement européen
Animé par Elsa BENNETT, Cinéaste de L'ARP et Juliette PRISSARD, Déléguée Générale d'EUROCINEMA
Avec :
- Pauline AUGRAIN - Directrice du numérique au CNC
- Antoine BOILLEY - Membre du collège de l'Arcom
- David CORMAND - Député européen (en visioconférence)
- Héloïse FONTANEL - Responsable des affaires européennes et internationnales à la SACEM
- Jean-Philippe MOCHON - Président du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique
- Idzard VAN DER PUYL - Délégué général de la Procirep
Vendredi 8 novembre
9h30 - Grands entretiens
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Séquence 1 — Canal+ : quelle stratégie pour le premier partenaire du cinéma français ?
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Séquence 2 — Plateformes, diffuseurs et pouvoirs publics : quels grands enjeux pour la création cinématographique ?
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Séquence 3 — L’Arcom : La régulation au service de la création ?
Séquence 1 — Canal+ : quelle stratégie pour le premier partenaire du cinéma français ?
Canal+, premier partenaire du cinéma français, demeure un acteur clé de notre modèle culturel. Alors que le groupe ouvre une nouvelle étape de son histoire, marquée par son entrée en bourse, son expansion internationale et son entrée au capital d’UGC, il réaffirme sa puissance et son rôle central dans le financement et la diffusion du cinéma.
Ces évolutions, porteuses d’opportunités mais aussi de nouvelles responsabilités, interrogent : quelle place le cinéma français et européen occupera-t-il désormais dans la stratégie d’un groupe devenu mondial ? Comment veiller à ce que le phénomène de concentration du secteur ne fragilise pas les engagements en faveur de la diversité, dont Canal+ demeure l’un des principaux artisans ? Et, plus largement, comment Canal+ souhaite-t-il affirmer son rôle de partenaire du cinéma français à l’heure où la concurrence économique questionne les contours de l’engagement culturel ?
Entre Jérôme ENRICO, Cinéaste et Président de L'ARP
Et Maxime SAADA, Président du Directoire de CANAL+
Séquence 2 — Plateformes, diffuseurs et pouvoirs publics : quels grands enjeux pour la création cinématographique ?
La dé-linéarisation bouleverse le paysage audiovisuel et redessine les équilibres sur lesquels reposait le financement de la création par les diffuseurs. Alors que les modes de visionnage évoluent et que la diffusion se déploie sur de nouveaux supports, les chaînes et les producteurs doivent repenser leurs accords pour mieux valoriser ces modes de diffusion en soutien à la production d’œuvres.
Quelle place pour le CNC et le service public dans l’adaptation aux nouveaux usages et dans la valorisation des œuvres à l’heure de la circulation mondiale des contenus ? Quelle stratégie pour Arte qui vise à devenir LA plateforme européenne et comment un acteur comme Youtube, agrégateur délinéaire par excellence voit-il son rôle dans cette nouvelle donne pour la création cinématographique ? Comment les autorités européennes et françaises peuvent-elles participer à ce que ces transformations préservent la diversité des récits, la juste rémunération des créateurs et la capacité des diffuseurs à demeurer des partenaires essentiels de la création ? Et, plus largement, quels engagements pour les décideurs publics dans la préservation d’un modèle où soutenir la création, c’est aussi affirmer un choix politique : celui d’une démocratie vivante, fondée sur la pluralité des voix et la liberté des imaginaires ?
Animé par Florian KRIEG, Rédacteur en chef du Film français
Avec :
- Aurore LALUCQ - Députée européenne et Présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen
- Boris RAZON - Directeur Editorial d’ARTE France
- Justine RYST - Directrice générale YouTube France et Europe du Sud
- Stéphane SITBON-GOMEZ - Directeur des Antennes et des Programmes de France Télévisions
Séquence 3 — L’Arcom : La régulation au service de la création ?
Jamais cette institution n’a été aussi cruciale pour la création cinématographique. Avalisant et s’occupant de la mise en place des accords des représentants du cinéma avec les diffuseurs, elle est un acteur majeur des relations interprofessionnelles. À l’heure du chamboulement numérique et de la dé-linéarisation, ses décisions redéfinissent en profondeur les équilibres sur lesquels reposaient jusqu’ici le financement et la diffusion des œuvres.
Quelle place l’Arcom entend-elle occuper dans la défense de la création à l’heure où ses décisions peuvent redéfinir durablement le secteur ? À l’heure où les usages de l’IA se multiplient dans les médias et la création, l’Arcom pourrait bientôt se voir confier un rôle de régulation spécifique : comment accompagner ces transformations ? Dans le cadre des discussions sur la chronologie des médias, la question de la transparence des données —protégées par le secret des affaires — revient au premier plan : comment garantir un partage d’informations équitable entre acteurs au service d’accords équilibrés ?
Entre Isabelle MADELAINE - Productrice (Dharamsala), Vice-Présidente déléguée de l’UPC et Présidente de la Procirep
Et Martin AJDARI, Président de l'Arcom