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Éditos

Valérie Donzelli et Boris Lojkine
Coprésidents des Rencontres Cinématographiques 2025

© Manuel Moutier/Marie-France Coailler

C’est un honneur pour nous de coprésider cette édition des Rencontres Cinématographiques de L’ARP. Le cinéma français se trouve à un moment décisif : il doit à la fois préserver sa singularité et s’adapter aux évolutions profondes de la création, de la diffusion et des usages. Nous croyons en un cinéma libre, audacieux et pluriel, qui continue de porter des récits originaux et de faire vivre une diversité d'œuvres. Ces Rencontres seront l’occasion d’échanger ensemble sur ces enjeux essentiels, afin de renforcer et de faire rayonner notre modèle. 

 

Jérôme ENRICO
Président de L'ARP


©Susy Lagrange

« Pourquoi nous battons nous, si ce n’est pour la Culture ? » aurait faussement dit Winston Churchill. Mais même fausse, la maxime qu’on lui prête est on ne peut plus d’actualité.

Plus que jamais, souveraineté, indépendance, liberté d’expression sont au cœur de tous les débats sans, curieusement, que la Commission Européenne ne semble se soucier de la culture et du cinéma qu’elle considère comme une industrie plutôt qu’un art.

Pourtant notre cinéma, le troisième au monde et le premier par sa diversité, a su s’imposer et résister grâce à une réglementation forte défendue au fil des années en France, puis en Europe par des gouvernements de tous bords.

Depuis plus de trente ans, la France puis l’Europe ont défendu : la fameuse « exception culturelle », un concept inventé par les Cinéastes de L’ARP et qui fait de nos films, des biens pas comme les autres, puisqu’au-delà de leur valeur marchande, ils racontent notre histoire, notre culture, notre indépendance et notre souveraineté.

Au moment où la nouvelle administration américaine essaye de tout déréguler pour permettre à ses plateformes de pénétrer en force le marché européen, un des premiers du monde, la réponse européenne nous parait faible, timorée.

Au moment où l’administration américaine se bat contre une régulation de l’IA et de ses données d’entrainement, contre une rémunération des auteurs qui les ont fournies, l’IA Act nous parait insuffisant.

Au moment enfin où certains parlent d’une privatisation du service public audiovisuel et de la disparition du Centre National du Cinéma qui défend pourtant notre modèle depuis 1946, plus que jamais il nous paraît nécessaire de débattre ensemble du dialogue transatlantique et de nos armes pour défendre notre culture.

Plus que jamais il nous paraît nécessaire d’échanger sur ce qui fait la singularité du cinéma français et européen : l’indépendance et la diversité. Diversité dans laquelle les « films du milieu », ce cinéma d’auteur à vocation populaire et source importante de fréquentation, doit être défendu.

Plus que jamais il nous paraît nécessaire de parler de l’Intelligence Artificielle qui pourrait bien être une chance pour le cinéma européen… à condition qu’on la maitrise.

Enfin, au moment où tout l’écosystème est bouleversé par l’arrivée des plateformes américaines, il nous paraît nécessaire de comprendre les grands changements en cours et d’en savoir davantage sur la stratégie de nos principaux partenaires, à commencer par Canal +.

La tribune des cinéastes européens, soutenue par la Ministre de la Culture et par près de mille réalisateurs, auteurs et producteurs ainsi que par les organisations qui les représentent, a initié lors du dernier Festival de Cannes une mobilisation majeure fédérant les Ministres de la Culture et les Centres Nationaux du Cinéma de tout le continent, dans la défense d’une Europe de la Culture, unie dans sa diversité, indépendante, et souveraine : notre Europe !

Voilà le programme et l’ambition de ces Rencontres que nous souhaitons, une nouvelle fois, grâce à vous toutes et tous riches, fortes et inventives.

 

Rachida Dati

Ministre de la Culture


© Laurent VU / SIPA / MC

La France a encore brillé cette année dans les plus grands festivals et événements internationaux : sept films français ou coproduits avec la France ont été récompensés au festival de Cannes – avec notamment la Palme d’Or pour Un Simple Accident, de Jafar Panahi. Ugo Bienvenu a remporté le Cristal d’or du long métrage à Annecy pour Arco et le film franco-letton Flow, de Gints Zilbalodis, a été couronné d’un Oscar du meilleur film d’animation. Autant de témoignages que le cinéma porté par la France rayonne, riche de sa grande diversité et de sa singularité.

Ces succès éclatants ne doivent pour autant pas occulter les défis qui attendent notre septième art. Face à eux, fidèle à sa mission, L’ARP répond présente. Ses Rencontres du Touquet, qui rassemblent tous les acteurs de l’écosystème du cinéma, nous permettent de réfléchir ensemble à l’avenir de la filière et à la politique publique qui la soutient et l’accompagne depuis près de 80 ans. Défense du cinéma indépendant, intelligence artificielle, relations transatlantiques : les discussions s’annoncent riches et de nature à éclairer l’avenir du secteur.

Parmi ces nombreux enjeux, l’un des plus essentiels est celui de la diffusion. À l’ère de la multiplication des écrans, il ne suffit plus de faire des films, il faut redoubler d’efforts pour les faire exister et défendre leur valeur. Au milieu d’une surabondance de contenus en tous genres qui accaparent notre attention, notamment celle des plus jeunes, il faut également se mobiliser pleinement pour attirer tous les publics dans nos salles de cinéma.

Le plan pour la diffusion que j’ai annoncé l’année dernière à l’occasion du festival de Cannes et qui a été déployé en un temps record par le Ministère de la Culture avec le CNC a permis de renforcer les moyens des acteurs de terrain. Leur travail est indispensable pour permettre aux œuvres de rencontrer leur public, sur tout le territoire : salles de cinéma bien sûr, mais aussi festivals locaux, circuits itinérants, médiateurs et cinémathèques.

Enfin, pour que le cinéma, pour que vos films, vivent demain, il faut aussi former les regards dès le plus jeune âge, apprendre aux nouvelles générations à distinguer une œuvre d’un contenu, leur transmettre une véritable culture de l’image. C’est le plus grand de nos défis et vous pouvez compter sur le ministère de la Culture comme sur le CNC pour faire de cette éducation à l’image une priorité.

Je vous souhaite, à toutes et à tous, de passionnants échanges.

 

Gaëtan Bruel
Président du CNC


©CNC

En matière de septième art, le modèle français repose sur une conviction simple : la liberté artistique et l’indépendance économique exigent une solidarité collective. Cette conviction a permis à notre cinéma de traverser de nombreuses crises et révolutions, technologiques et politiques. Elle est de nouveau mise à l’épreuve, dans un contexte de mutations profondes : pressions économiques, bouleversements des usages, montée en puissance des plateformes mondiales, transition écologique à mener et, bien sûr, irruption de l’intelligence artificielle qui rebat les cartes de la création.

Dans ce monde qui se transforme sous nos yeux, le rôle du CNC est de défendre la spécificité française : un système qui régule, pour permettre à nos créateurs d’oser, d’exprimer des visions singulières. Il ne s’agit pas de refuser le changement : il s’agit de ne pas le subir, de s’assurer que les technologies restent toujours au service de la création humaine.

Mais défendre la création, c’est aussi préparer son avenir. L’éducation aux images en est la clé. Dans ce domaine aussi, la France a été pionnière. Depuis plus de trente ans, elle permet à des millions d’élèves de développer leur cinéphilie. Ce patrimoine éducatif unique doit maintenant entrer dans un nouvel âge, alors que les écrans ont envahi nos vies. Le CNC mettra tout en œuvre pour le moderniser et l’étendre, afin que chaque jeune, partout sur le territoire, puisse rencontrer et aimer le septième art. C’est la meilleure manière d’assurer la vitalité du cinéma de demain, en aiguisant le regard des nouvelles générations de créateurs comme de spectateurs.

Je sais combien les Rencontres de L’ARP contribuent à nourrir, par la qualité et l’expertise de leurs intervenants, les débats sur la politique publique du cinéma. Je me réjouis que cette édition 2025 aborde les grands enjeux auxquels le secteur doit faire face aujourd’hui, en réunissant autour de la table institutions, élus et professionnels. C’est là l’expression d’une vision très française : celle du cinéma comme bien commun.

Excellentes Rencontres à toutes et à tous !

 

Xavier Bertrand

Président de la Région Hauts-de-France


©Région Hauts-de-France

Quelle fierté pour les Hauts-de-France d’accueillir, une fois encore, les Rencontres Cinématographiques de L’ARP ! Et quel plus bel écrin pour cette 35e édition que Le Touquet Paris-Plage, cité chère à Charlie Chaplin, Jean Cocteau ou encore Michel Blanc. Ces trois jours d’échanges, de débats et de projections, seront de nouvelles opportunités pour les professionnels du cinéma d’esquisser les horizons du Septième art, de confronter leurs visions et d’imaginer ensemble des horizons toujours plus audacieux.

Car s’il est un secteur qui sait relever les défis, se réinventer pour séduire de nouveaux publics tout en préservant l’exigence et l’esthétique, c’est bien le cinéma. Dans un paysage audiovisuel en pleine mutation — avec l’essor des plateformes et la révolution de l’intelligence artificielle — vous incarnez le devenir d’une filière essentielle, créatrice d’emplois, de reconnaissance et de rayonnement international.

Voilà pourquoi, au-delà des salles obscures, la Région est fière de soutenir avec volonté toute une chaîne du savoir-faire. De la formation des futurs talents à la naissance des prochains chefs-d’œuvre, de l’aide à la production à l’organisation de festivals et de masterclasses, notre action est multiple et ambitieuse. Car soutenir le cinéma, c’est investir dans la promesse d’une culture vivante, accessible et partagée par toutes et tous, sur l’ensemble de nos territoires.

Bravo pour la qualité des échanges à venir et les émotions que vous saurez encore générer : l’avenir du cinéma est entre de bonnes mains — et il s’écrit aussi en Hauts-de-France.

 

Daniel Fasquelle
Maire du Touquet-Paris-Plage, Président du Comité Régional du Tourisme des Hauts-de-France


© Ville du Touquet

Bienvenue à la 5ème édition des Rencontres Cinématographiques de L'ARP au Touquet-Paris-Plage du 5 au 7 novembre 2025 !

C’est avec un immense plaisir chaque année renouvelé, que nous accueillons à nouveau au Palais des Congrès du Touquet, cette édition 2025 de L’ARP.

Notre station, aujourd’hui affiliée à Pictanovo (association régionale d’appui à la production et à la promotion de production audiovisuelle et cinématographique) et dotée d’un bureau des tournages qui accueille et oriente les équipes de tournages, repéreurs, producteurs, s’est donc à présent professionnalisée dans ce milieu cinématographique.

Courts ou longs métrages, clips musicaux, shootings photos, reportages…. Le Touquet se prête à merveille à tous types de projets audiovisuels. En effet l’élégance de la ville avec ses larges allées boisées, ou son bord de mer jalonné de dunes, représentent chacun à leur manière un décor unique. La nature, l’architecture, les aménagements paysagers et urbains sont à disposition, accessibles et disponibles toute l’année au gré des saisons pour tout type de projet.

Les Rencontres Cinématographiques de L’ARP, sur 3 journées, sont l’occasion de débats et d’échanges autour de sujets actuels forts du monde audiovisuel. Cet évènement majeur de notre saison d’automne est le rendez-vous incontournable des professionnels nationaux et européens, des créateurs, producteurs et acteurs de l’industrie cinématographique et audiovisuelle.

Aussi les Touquettois, l’ensemble du Conseil Municipal et moi-même, sommes fiers de ce choix du Touquet pour ces Rencontres, et souhaitons à tous les participants de fructueux débats, de beaux moments de partage et de belles Rencontres Cinématographiques au Touquet-Paris-Plage, en région Hauts-de France.

Je remercie L’ARP pour sa fidélité renouvelée à notre station, et souhaite à tous les participants et intervenants, un agréable séjour dans la « Plus élégante des plages françaises ».