04-06 novembre 2020 J-4

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Éditos

Edito de Pierre Jolivet, Président de L’ARP

L’invention d’un avenir si proche nécessite de l’audace

 

Il y a 30 ans, le concept d’exception culturelle naissait au sein de L’ARP. Bien qu’en cohabitation, le Président et le Premier Ministre de l’époque avaient réussi, par des choix courageux et une volonté politique tenace, à imposer cette nouvelle règle aux Etats-Unis. Cela a énormément aidé à consolider le socle sur lequel le cinéma français a pu continuer à cultiver sa diversité. Et cette diversité est plébiscitée par les spectateurs : les films français représentaient près de 40% des entrées en salles en 2019, un record mondial.


Aujourd’hui, la régulation des plateformes est, à n’en pas douter, l’événement le plus important depuis 30 ans, car elle va dessiner l’avenir du cinéma français et de son système pour les dix ans à venir. Elle demande donc un courage politique comparable car, de surcroît, elle arrive à un moment où l’épidémie a terriblement affaibli l’industrie du cinéma et fait exploser le nombre d’abonnés des plates-formes.

Le système du cinéma français a toujours eu comme principe que les nouveaux venus qui profitent du cinéma à travers ses œuvres et ses spectateurs participent au financement et au préfinancement des films. Les chaines de télévision généralistes, puis les chaînes payantes, sont entrées dans ce cercle vertueux qui les a aidées à s’épanouir et à faire grandir cette proposition de diversité, au profit des spectateurs.

Il est donc indispensable que des plateformes extra-européennes qui sont les seules grandes bénéficiaires de cette époque troublée, et qui parviennent à échapper à l’impôt sur les sociétés dans les pays où elles émettent, entrent dans ce système à travers des obligations d’investissement à la hauteur des enjeux.

L’Europe l’a compris en votant la directive SMA, et a ouvert la voie aux nations en les invitant à réguler elles-mêmes les plateformes, ce qui, aujourd’hui, fait naturellement écho au désir de souveraineté des citoyens européens. La France est la première à légiférer et elle est regardée avec attention par les autres pays d’Europe.

Comment parvient-on à financer un film en pleine crise épidémique et comment le fera-t-on après de possibles accords ? Comment parvenir à un accord juste et inventif dans lequel les plateformes découvriront des partenariats exaltants ? Comment vont s’organiser les partenaires historiques du cinéma face à cette échéance incontournable ? Quel rôle jouera l’Europe au cours de cette mutation ?

Ces questions seront posées sans tabou et avec l’audace que nécessite l’invention d’un avenir si proche.

Après de nombreuses et belles années à Dijon, ces Rencontres 2020 devaient avoir lieu dans la ville du Touquet. Exceptionnellement, en raison de la situation sanitaire, elles se dérouleront cette année à Paris, dans les salles du Cinéma des Cinéastes, mais sous le parrainage de la Région Hauts-de-France et de la Ville du Touquet-Paris-Plage, que nous remercions une nouvelle fois pour leur soutien sans faille.

En attendant que les embruns de la Manche viennent vivifier les Rencontres 2021…

 

  

Edito de Laure de Clermont-Tonnerre et Roschdy Zem, Co-Présidents des Rencontres

Pour que vive le cinéma !

C’est, pour tous, une année particulière. Le cinéma n’échappe pas à la règle. La crise du Covid-19 a amplifié les questionnements, les craintes parfois, liés à l’avenir du cinéma. Les salles, qui d’ordinaire sont toujours ouvertes, même en temps de guerre, ont dû baisser leurs rideaux. La production des films a tourné au ralenti, les sorties ont été décalées. Comme bien d’autres secteurs, le cinéma s’est mis en berne.

Mais nous ne sommes pas meurtris, nous ne sommes pas abattus. Bien au contraire. L’urgence est de réunir toutes nos forces pour sauver le cinéma, pour que le cinéma continue à vivre comme il a toujours vécu, dans la diversité, la liberté et l’indépendance.

Oui, le monde a changé, et pas seulement à cause d’un virus. De nouveaux acteurs sont apparus sur le devant de la scène. L’émergence des plateformes, nouveaux espaces de création, doit être accueillie dans un esprit de partenariat, à condition qu’elles puissent coexister avec les salles, les acteurs traditionnels, et respecter les principes fondamentaux de notre diversité culturelle, qui ont permis à notre pays d’être le 3e cinéma au monde.

Plus que jamais, les échanges autour de la création et les moyens de production et de diffusion vont être précieux. A travers ses débats et projections, les 30e Rencontres Cinématographiques de L’ARP seront, nous l’espérons, l’espace de ces échanges, mais aussi le lieu tant attendu de célébration du cinéma !

 

Crédit photos : 
Laure de Clermont-Tonnerre : Simon Wallon
Roschdy Zem : Julian Torres

Edito de Dominique Boutonnat, Président du CNC

Des mesures exceptionnelles

Le CNC, dès le début de la crise sanitaire, a mis en place six mesures d’urgence qui sont venues compléter les mesures générales de l’Etat : la mobilisation exceptionnelle des soutiens automatiques, l'annulation définitive de la taxe sur les billets de cinéma due au titre des mois de février et mars, le partenariat avec les fonds de solidarité destinés aux auteurs créés par la SACD et la SCAM, un soutien exceptionnel aux industries techniques, le versement anticipé des soutiens sélectifs ou encore le maintien de leurs subventions aux festivals annulés.

Ensuite, il a fallu accompagner la reprise des tournages et la réouverture des salles. Le CNC a d’abord mis en place un fonds de garantie du risque Covid, inédit dans le monde, doté de 50 millions d’euros et complété à la même hauteur par l’intervention d’assureurs mutualistes. Ensuite, les distributeurs et producteurs qui ont maintenu la sortie de leurs films durant l’été ont bénéficié d’un soutien renforcé. Aujourd’hui, le Premier ministre et la Ministre de la Culture ont annoncé que les salles de cinéma bénéficieraient de 50 millions d’euros afin de compenser la chute de leurs recettes de billetterie au cours des quatre derniers mois de l’année.

Mais la crise a également accentué les mutations et fragilités déjà présentes dans le secteur. Nous sommes à un tournant qui pourrait déterminer l’avenir de nos industries culturelles. Nous devons donc nous inscrire dans le temps de la relance et des mesures d’avenir, grâce à l’effort budgétaire exceptionnel consenti par le Gouvernement (165 millions d’euros mis à la disposition du CNC pour faire redécoller et restructurer toute la filière) et grâce à sa détermination à transposer ambitieusement les directives « droits d’auteur » et « SMA ».

Au-delà, nous devons reconquérir le public jeune qui délaisse les œuvres françaises en adaptant les soutiens du CNC aux nouvelles habitudes de ce public, aux créations innovantes et aux nouvelles générations de talents. 

En cela, la crise que nous traversons est aussi une opportunité unique. Ne passons pas à côté des chances qu’elle nous offre.

 

Crédit photo : Govin Sorel

Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la Culture

Le cinéma nous est précieux

La crise inédite que nous traversons frappe durement la filière cinématographique, en France et partout dans le monde. Elle révèle également, de manière aussi brutale que puissante, à quel point le cinéma nous est précieux. Indissociable du « désir du rêve », selon les mots de Robert Desnos, le cinéma a le pouvoir unique de porter une infinité de regards sur le monde, de représenter des univers qui échappent aux lois du réel.

Profondément fragilisée alors que nous n’en avons jamais eu autant besoin, la création cinématographique doit pouvoir retrouver toute sa vitalité. La crise sanitaire doit nous donner l’opportunité de réinventer, ensemble, notre modèle afin qu’il puisse sortir renforcé de cette épreuve. Cette réflexion se trouve au cœur des Rencontres cinématographiques de l’ARP, qui offrent l’occasion d’aborder les enjeux essentiels pour l’avenir de la filière.

La reprise est ma priorité. L’heure n’est plus seulement aux mesures d’urgence, mais aussi à une action structurelle pour consolider, sur le long terme, l’ensemble des acteurs de la filière cinématographique.

Les conséquences de la crise sanitaire ne sont toutefois pas le seul défi auquel nous devons collectivement faire face. Afin d’adapter notre modèle culturel aux évolutions des équilibres entre ses acteurs, je suis déterminée à intégrer dans les prochaines semaines les plateformes numériques à notre système de financement de la création française. Je veille également à prolonger nos efforts en matière de lutte contre le piratage.

J’adresse mes chaleureux remerciements aux organisateurs de ces rencontres, qui ont œuvré pour maintenir ce rendez-vous incontournable. Durant trois jours, l’ensemble de ses participants seront réunis autour de la volonté partagée de protéger le dynamisme du cinéma français, au nom de leur attachement commun à la liberté de création.

Je vous souhaite, à toutes et à tous, de belles rencontres.

 

Crédit photo : Didier Plowy - Ministère de la Culture

Edito de Daniel Fasquelle, Maire du Touquet-Paris-Plage

Bienvenue à la 30e édition des Rencontres Cinématographiques de L'ARP !

La ville du Touquet-Paris-Plage est heureuse de parrainer, aux côtés de la Région Hauts-de-France, cette édition spéciale qui prend exceptionnellement place à Paris, au Cinéma des Cinéastes.

Nous aurons l’honneur d’accueillir, dès l’année prochaine, les Rencontres Cinématographiques de l’ARP au cœur de notre station balnéaire. C’est entre mer et forêt, dans un écrin naturel exceptionnel que se niche, élégante et authentique, la ville du Touquet-Paris-Plage. Forte d’une histoire prestigieuse, la station s’est construite au fil des décennies autour de valeurs emblématiques que sont l’élégance, l’authenticité, la nature, la culture, la famille ou encore le sport. La ville cherche aujourd’hui à les intégrer à une dynamique innovante. Toujours plus nature, plus créative et accueillante, Le Touquet-Paris-Plage se réinvente chaque jour pour offrir un cadre de vie et de villégiature hors du temps et de l’agitation urbaine, pour un véritable retour aux sources.

Celle que l’on surnomme « La Perle de la Côte d’Opale » sert d’ailleurs régulièrement de « toile de fond » aux réalisateurs sensibles à la beauté naturelle des grands espaces et à l’atmosphère toute particulière qui s’en dégage. Il nous tient à cœur de soutenir le Cinema, qui, dans ce contexte de crise sanitaire sans précédent, traverse une période de grande instabilité.

Ces Rencontres sont l’occasion de réfléchir, de débattre et de construire ensemble afin d’apporter des réponses et des solutions aux défis qui s’imposent. Nous vous souhaitons de belles et fructueuses Rencontres Cinématographiques de l’ARP et vous donnons d’ores et déjà rendez-vous en 2021 pour une édition au coeur du Touquet-Paris-Plage !

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